Introduction à la deuxième édition

Trois années se sont écoulées depuis la première édition de ce livre. À l’époque, j’avais décidé d’écrire Les Tableaux de Bord de la Performance parce qu’il me paraissait important d’expliciter et surtout de construire des liens entre trois démarches novatrices en matière de déploiement stratégique, qui sont d’une part les tableaux de bord de type balanced scorecard, d’autre part le management par les processus, et enfin les modèles d’évaluation de type EFQM. Depuis cette date, les retours d’expérience des entreprises se sont enrichis pour chacune de ces démarches et les liens supposés vertueux entre celles-ci se sont confirmés sur le terrain. En effet, un nombre croissant d’organisations utilise désormais simultanément les balanced scorecards pour clarifier les finalités, ainsi que les cartographies de processus et les modèles d’évaluation pour déployer et pour apprécier les choix réalisés.


Néanmoins, dans chacune de ces trois disciplines et pour la période considérée, les rapidités d’apprentissage des organisations ont été extrêmement différentes. En effet, alors que les démarches de management par processus et d’évaluation par les modèles sont bien rôdées et bénéficient aujourd’hui d’une antériorité importante, force est de constater que les pratiques de mise au point des tableaux de bord de type balanced scorecard, qui étaient il y a trois ans embryonnaires, sont encore parfois laborieuses. Les entreprises qui les ont mis en œuvre ont bien souvent connu le vertige et l’excitation des pionniers. Encore aujourd’hui, alors que les grandes sociétés de culture anglo-saxonne possèdent la plupart du temps des tableaux de bord de ce type, de nombreuses entreprises françaises n’ont fait en la matière que de timides avancées. Il m’a donc semblé important d’évoquer dans cette deuxième édition les retours d’expérience que ces pionniers ont connus, en explicitant les questions les plus fréquentes (FAQ) auxquelles ils ont dû répondre.

Par ailleurs, si l’on exploite ces retours d’expérience, il apparaît de manière très explicite que de nombreuses équipes dirigeantes ont trouvé dans l’exercice balanced scorecard un bénéfice auquel elles ne s’attendaient pas toujours au départ, qui a consisté en la création d’un consensus fort autour d’une vision et d’une stratégie désormais clairement discutées, explicitées, partagées et communiquées. Cette conclusion peut surprendre, étant donné que les démarches de définition de vision et de stratégie sont pratiquées depuis des décennies au sein de ces mêmes comités de direction. Le fait nouveau est que la posture balanced scorecard, parce qu’elle est focalisée sur la mesure, permet manifestement de donner une nouvelle jeunesse à des dispositifs auparavant plus rhétoriques ; jeunesse qui se retrouve jusque dans les cartes stratégiques qui sont produites par la démarche BSC.
Cet engouement pour l’élaboration des cartes stratégiques, avec ses étapes de définition de la vision, des facteurs clés de succès, des mesures et des indicateurs, est désormais partagé par de nombreuses organisations, qu’elles soient publiques ou privées, y compris par des Directions fonctionnelles d’entreprises (Achats, RH, Informatique, etc.) Dans ce contexte, les méthodologies qui sont utilisées pour mettre au point les balanced scorecards sont devenues cruciales. En effet, si l’objectif est de créer un consensus fort dans l’équipe de direction sur la vision, la stratégie et le tableau de bord « BSC », alors le choix des ateliers participatifs qui permettent effectivement de mettre au point collectivement chacun de ces résultats est prépondérant. Pour vous aider dans ce choix, j’ai également choisi de vous proposer dans cette deuxième édition des exemples d’ateliers que j’ai pu mettre en œuvre avec de nombreuses organisations, et qui ont démontré leur efficacité.

Les questions les plus fréquentes (FAQ) et les ateliers participatifs (FAP), qui constituent donc les nouveautés de cette deuxième édition, sont situés en fin de chapitre 1 (Vision), en fin de chapitre 2 (Tableau de bord) et en fin de chapitre 3 (Mesure et analyse des résultats).

Bonne lecture.